Dassault n'a pas recours au codéveloppement avec des pays étrangers, selon le PDG de l'avionneur. Mais "on peut faire des coopérations. C'est ce qu'on proposera".
Éric Trappier à Paris, le 26 août 2026. ( AFP / THOMAS SAMSON )
Le PDG de Dassault, Éric Trappier, a indiqué mercredi 26 août qu'il estimait à 2033 ou 2035 la mise sur le marché du nouvel avion de combat Rafale, appelé à ce stade "Rafale F5".
"On travaille aujourd'hui sur ce super Rafale, qu'on appelle le Rafale F5. (...) C'est une demande des armées françaises", a-t-il expliqué sur BFM Business, interrogé lors des Rencontres des entrepreneurs de France à Paris.
Le projet est devenu prioritaire pour la France après l'abandon en juin du projet d'avion de combat européen du programme Scaf (Système de combat aérien du futur). Dassault Aviation, qui représentait la France, n'avait pu trouver de compromis industriel avec l'autre avionneur impliqué, Airbus, qui agissait pour le compte de l'Allemagne et de l'Espagne.
À l'exportation en 2035
Interrogé sur le calendrier de ce nouveau Rafale, Éric Trappier a répondu : "C'est pour être au rendez-vous de 2033, 2035" .
"Il n'y a pas aujourd'hui de codéveloppement avec des pays étrangers. Par contre, c'est un standard et un avion –parce que l'avion sera un petit peu plus développé– qu'on pourra proposer à partir de 2035 à l'exportation", a-t-il ajouté.
Le dirigeant a réaffirmé la capacité de Dassault Aviation à travailler seul. "Pourquoi faire un regroupement capitalistique pour faire un avion si on sait déjà faire un avion avec un seul constructeur?", s'est-il interrogé. Mais "on peut faire des coopérations. C'est ce qu'on proposera", a-t-il ajouté.
Cette capacité à produire seul un avion de combat souverain, est une revendication de longue date du patron de Dassault. En 2025, alors que le projet d'avion européen Scaf était dans la tourmente, Éric Trappier restait ferme. "La réponse est oui", avait-il déclaré, interrogé pour savoir si Dassault, fabricant du Rafale, pourrait construire un avion de chasse de sixième génération "tout seul". Maître d'œuvre du grand projet de défense européen Scaf, Dassault Aviation, qui représentait la France, jugeait inefficace la gouvernance qu'il partageait avec Airbus, qui représente l'Allemagne et l'Espagne.
"Je veux bien que les Allemands grondent. Ici, on sait faire. S'ils veulent faire tout seuls, qu'ils fassent tout seuls ", avait déclaré Éric Trappier.
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